- L’Eglise Romane -

Comme précisé dans la présentation générale de la commune, la charte de l’Abbaye de Noyers, qui date la fondation du bourg de Saint-Patrice, mentionne que vers 1032 un nommé Archambault donna à l’Abbaye l’église et une certaine étendue de terre pour installer les hommes que les religieux pourraient attirer.

 

On peut en déduire que le donateur fit les frais de l’édifice. Précédemment, il avait fondé un prieuré dont il semble avoir été le premier prieur.

 

Cette première église était une grande salle rectangulaire longue de 14.72 mètres, large de 8.10 mètres et haute de 7 mètres environ. C’est l’exemple typique des grandes nefs uniques et non voûtées de la région au XIe siècle.

 

Au début du XIIe siècle, on ajoute à la nef un chœur carré avec des murs plus épais que ceux de la nef.

 

Sur le flanc nord on a muré une porte primitive aujourd’hui à demi-enterrée par l’exhaussement du sol environnant. Cette porte est assez curieuse, de forme rectangulaire, surmontée d’un énorme linteau mal équarri, elle est décorée d’un triangle d’appareil réticulé dans la tradition du premier art roman (d’après Lelong).

De part et d’autre de l’arc triomphal, deux niches en arc brisé surmontent chacune un autel.

 

A l’entrée a été construit un clocher-porche au XIIIe siècle, autrefois voûté d’ogives. La voûte a malheureusement été enlevée pour y placer un grand réservoir d’eau pour le château. La cloche aurait été transférée dans la nouvelle église.

 

Louis XI étant venu, lors d’une chasse, prier dans cette église, les habitants voulurent voir le roi de près. L’église se trouva trop petite, ce qui décida le roi à financer son agrandissement. C’est ainsi que se construisit le nouveau chœur du XVe siècle, à l’est. A la mort du roi, en signe de deuil, une « litre » noire aurait été peinte tout autour de l’église, avec les armoiries du roi. Aujourd’hui, on n’a pu en retrouver la trace.

 

A son chevet vous y remarquerez, gravées dans la pierre de « tuffeau « , des serpes de vigneron : remerciements à saint Patrick de belles récoltes ? Ou demande de protection contre le gel ou la grêle ?

 

Cet édifice est inscrit à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques depuis 1948. Le prieuré bâti à proximité et encore cité en 1702 a disparu (lire la rubrique Château de Chabrol).

En 1968, le propriétaire, M. Leclerc, a repéré des traces sous des badigeons modernes décollés, de fresques, partie d’un dragon et d’un saint Georges, de croix dessinées au compas. Les teintes dominantes sont les rouges, les ocres et les verts.

 

Cette église, la première du village, est située sur le coteau en direction de Saint-Michel-sur-Loire. Elle fait partie depuis le milieu du XIXe siècle de la propriété privée de Chabrol. En effet le village s’est progressivement étendu vers la Loire, si bien qu’au XIXe siècle, on ne comptait que très peu d’habitants à proximité. Elle fut vendue par la municipalité en 1853 pour aider à financer la nouvelle église située au milieu du centre bourg actuel.