- Le site funéraire Gallo-Romain des Perreaux -

C’est en creusant les fondations de leur maison que M. et Mme Chasle retirèrent des fragments de colonnes anciennes.

 

Ils prirent contact avec la Société Archéologique de Touraine. C’est ainsi que fin juin 1968, l’importance archéologique du site fut immédiatement comprise. A partir de septembre 1968 et pendant trois ans, les fouilles se poursuivirent avec le concours des clubs archéologiques de divers établissements scolaires de la ville de Tours.

 

Tout l’espace accessible a été décapé à la truelle par couches horizontales, les tessons classés dans l’ordre et localisés sur le plan.

 

De très beaux murs ont été dégagés qui dessinent un carré de 17 mètres de côté. Il s’agit d’une petite nécropole familiale du IIe siècle qui bordait la voie romaine Tours-Angers longeant le coteau.

 

De part et d’autre des murs, plusieurs sépultures ont été mises au jour.

 

Les unes appartiennent à la catégorie des “incinérations” : le corps était brûlé sur un bûcher funéraire et les cendres rassemblées dans un récipient quelconque (bocal en verre, pot, assiette…) ; on parle alors d’urne funéraire. On enterrait l’urne en l’accompagnant d’offrandes : pièces de monnaie, bijoux, poteries diverses.

 

Urne funéraire en verre (2ème siècle)

 

 

La plupart de ces poteries sont très belles, rouges brillantes, décorées : ce sont des sigillées. Certaines sont marquées du sceau de l’atelier de fabrication : “Sanctianus” , “Genialus”, atelier connu à Lezoux (Massif central) au IIe siècle.

 

De très belles urnes (“olla ”) en verre bleu ont été découvertes. L’une d’elles, intacte, de fabrication artisanale gauloise, reposait au fond d’une fosse creusée dans l’argile. Elle était bouchée par une coupelle en sigillée estampillée d’une rosette à huit pétales.

 

Des sépultures à inhumation ont été dégagées, les corps étaient enterrés dans un cercueil de bois. Cette pratique commence à apparaître au cours du IIIe siècle. Le défunt à cette époque est disposé tête au sud, des vases d’offrandes l’accompagnaient. L’un des bûchers funéraires a livré sept très minces rondelles d’or, découverte très rare, qui remplacent peut-être l’habituelle offrande monétaire.

 

Cet ensemble se rattachait à un habitat gallo-romain situé au nord sur le coteau. Ce fut sans doute l’origine du village de Saint-Patrice.

 

Visite du musée sur rendez-vous.